Association Nationale des Villes et Pays d’Art et d’Histoire et des Villes à Secteur Sauvegardé et Protégé

Vue générale de Figeac © Nelly Blaya Place Albertas © Aix en Provence © Bouanani Olivier / service patrimoine / photothèque Ville de Cahors La Halle Bayonne© Ville de Bayonne
Accueil du site > Vie du réseau > Actualités > Consultation nationale sur l’éducation artistique et culturelle : Pour un (...)

Recherche

Navigation

par thèmes

par chantiers

par labels

Agenda

Rencontres en régions

Événements du réseau

suivre la vie du site

  •  

Consultation nationale sur l’éducation artistique et culturelle : Pour un accès de tous les jeunes à l’art et la culture

Contribution de l’Association Nationale des villes et pays d’art et d’histoire et des villes à secteurs sauvegardés et protégés (ANVPAH & VSSP)

I Présentation
L’Association Nationale des villes et pays d’art et d’histoire et des villes à secteurs sauvegardés et protégés (ANVPAH & VSSP) a été créée en 2000 pour fédérer les villes et territoires qui portent le label « Ville et pays d’art et d’histoire » ou qui possèdent un secteur protégé (secteur sauvegardé ou Zones de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager -ZPPAUP- ou Aire de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine –AVAP).

L’ANVPAH & VSSP représente plus de 180 villes et territoires français de toute échelle, des bassins de vie très dense aux communes les plus rurales partageant une vision moteur du patrimoine, source de culture mais aussi de renouvellement des dynamiques sociales, économiques et environnementales,

Elle a pour objectifs, au niveau national et international, de :

  • participer à l’évolution du cadre législatif, des outils de la protection et de la valorisation du patrimoine,
  • accompagner les villes et les territoires dans la mise en œuvre de leur politique patrimoniale,
  • développer la connaissance mutuelle et les échanges entre les villes et territoires,
  • mettre en réseau les compétences de tous les acteurs du patrimoine, élus et techniciens et favoriser les coopérations,
  • mobiliser les acteurs, élus et techniciens autour de la conservation, de la restauration et de la mise en valeur du patrimoine, notamment en structurant le dialogue avec les instances nationales et en assurant une veille sur l’actualité du patrimoine.
    Elle exprime auprès des pouvoirs publics français les préoccupations et les besoins des villes et territoires du réseau en matière de développement des centres et quartiers anciens : réglementation du patrimoine et de l’urbanisme patrimonial, politiques du logement, mixité sociale, activité commerciale, médiation et sensibilisation des publics et habitants, tourisme culturel.
    Elle facilite l’étude et les échanges d’informations entre tous ses membres pour qui elle constitue un centre de ressources, en particulier dans le domaine de l’urbanisme, de l’architecture et du patrimoine, et du développement durable et de la médiation,
    Elle organise des rencontres et formations à destination des élus et professionnels sur la restauration du patrimoine architectural et urbain, la prise en compte de sa dimension environnementale, la revitalisation de métiers, la qualification des entreprises, l’élaboration de documents d’urbanisme, l’essor du tourisme culturel, la création d’outils d’interprétation du patrimoine, la sensibilisation des publics.
    Elle accompagne ses membres dans le lancement d’opérations expérimentales. Elle assure l’expertise et la promotion de ce vaste réseau dans de nombreuses instances tant en France qu’à l’étranger.

Au travers de ses membres ou avec l’apport d’experts, l’ANVPAH & VSSP mobilise un réseau de compétences sur le patrimoine et l’urbanisme patrimonial, en matière de restauration, réglementation, formation des professionnels, recherches, sensibilisation des publics…

L’ANVPAH & VSSP est partenaire de plusieurs ministères, dont le ministère de la Culture et de la Communication avec lequel le partenariat porte sur l’évolution des secteurs protégés, les villes et Pays d’art et d’Histoire et l’action internationale.

Elle intervient régulièrement dans le cadre de formation universitaire ou professionnelle (formations des Architectes urbanistes, Conservateurs du patrimoine,…) et assure un cycle de cours dans le Master Régie des œuvres et médiation de l’architecture et du patrimoine de l’université Michel de Montaigne-Bordeaux III.

Elle édite en partenariat avec le MCC une brochure sur les expériences menées par des services éducatifs des VPAH (à paraître en début d’année 2013).

II – L’éducation et la sensibilisation des jeunes publics au patrimoine, à l’architecture et à l’environnement : Un engagement fort de la part des collectivités territoriales :

→ L’étude du patrimoine, de l’architecture et de l’environnement offre une approche transversale et concrète qui permet d’appréhender les savoirs fondamentaux (lecture, mathématiques, compréhension de l’espace, expression orale et écrite, repérage dans l’espace et dans le temps …) La ville et le territoire sont également des supports privilégiés pour l’apprentissage de la société d’aujourd’hui, de ses enjeux de mémoire, de capacité de ses acteurs à créer un projet commun où les individus, habitants-citoyens, puissent participer à la construction de leur cadre de vie.

→ la nécessité d’un ancrage territorial qui s’exprime notamment au travers de l’intégration de la dimension patrimoine dans le Projet Educatif Global des villes ou dans le cadre du label Villes et Pays d’Art et d’Histoire (166 VPAH en France ont signé une convention de partenariat avec le MCC), qui conduit les villes et territoires à se doter d’un service spécifique consacré à l’animation du patrimoine et à la sensibilisation des publics jeunes en temps et hors temps scolaire, avec un personnel dédié à cette fonction et un budget pour la création d’outils pédagogiques. Les services éducatifs du patrimoine interviennent dans le cadre de classes du patrimoine, d’ateliers de pratiques artistiques, de Projets d’Actions Éducatives (PAE), de contrats locaux d’éducation, et diversifient les propositions de façon à offrir aux enseignants des programmes sur mesure (journées du patrimoine, ateliers, visites …).

A titre d’exemple, la ville de Lille mobilise au-delà de l’animateur de l’architecture et du patrimoine 4 agents sur les programmes éducatifs. La ville de Poitiers emploie un chargé de service éducatif à temps complet et consacre un budget de 15 000 € aux actions qu’il développe pendant le temps scolaire et hors temps scolaire.

→ Les collectivités qui se sont engagées dans le label VPAH ont constitué de véritables laboratoires d’expériences en matière d’initiation des jeunes publics à l’architecture, au patrimoine et à l’environnement.
Depuis 1985, loin de porter attention uniquement aux monuments, les services éducatifs des VPAH ont pris en compte l’ensemble urbain, péri-urbain, les espaces naturels, les milieux ruraux, s’intéressant au cadre de vie des publics jeunes. Cette vision du patrimoine est essentielle : elle tient compte de l’ensemble des patrimoines et des évolutions urbaines, intégrant les mutations du XXe siècle et l’architecture contemporaine soit l’environnement direct des jeunes publics. Ainsi à Figeac ont été développés « les Chantiers du quotidien » et à Angers des opérations autour des pieds de bâtiments des grands ensembles d’Angers.

Ces services proposent également depuis une vingtaine d’années des ateliers, des visites et des outils pédagogiques adaptés aux publics en situation de handicap : maquettes tactiles aux instruments de traçage mécanisés, des visites en langue des signes aux parcours olfactifs, de nombreuses conditions d’accueil et de pratiques ont été imaginées pour développer un éventail d’actions originales pour une découverte côte à côte et de manière solidaire.

→ Des intervenants et professionnels qualifiés au sein des collectivités et des services éducatifs VPAH :
Les animateurs de l’architecture et du patrimoine et les guides-conférenciers sont des professionnels qualifiés, pour lesquels sont organisées aux niveaux national ou régional (partenariat DRAC-Conseils régionaux) des formations continues. Ils interviennent en relation avec l’enseignant en fonction d’objectifs pédagogiques définis en commun de la maternelle à l’université. Ils s’appuient également sur un réseau de partenaires qui apportent des compétences complémentaires : CAUE, PNR, Maisons de l’architecture (cf. Poitiers), Ecoles d’architecture (cf. Royan), musées …, ou à des praticiens et des artistes.
Cette vision transversale permet à plusieurs services d’une collectivité d’intervenir dans les projets : services patrimoine, urbanisme, espaces verts, archives, musées …

Cette approche sensible et expérimentale est complémentaire de l’enseignement donné dans l’établissement scolaire. Il est important que enseignants et intervenants conservent leurs rôles respectifs.
La création, en 2008, par l’Éducation nationale d’un enseignement de l’histoire des arts de la maternelle au lycée, doit être une nouvelle opportunité pour renforcer les liens entre enseignants et animateurs du patrimoine autour de projets communs et conforter ces approches partenariales.

→ Une approche expérimentale, ludique et créatrice en temps et hors temps scolaire
La création d’outils pédagogiques (maquettes cf. Soissons, Moulins, … ; mallettes pédagogiques, fiches et livrets (cf. Nevers ; Briançon …), la mise en place d’ateliers avec des artistes ou des praticiens offrent des approches concrètes, expérimentales et des relations fortes avec le milieu artistique. Cette approche transversale est particulièrement propice à la création et au renouement avec l’apprentissage des savoirs fondamentaux. Les actions pédagogiques sont menées en temps et hors temps scolaires, dans le cadre d’ateliers qui peuvent être mis en place en partenariat avec les centres sociaux, les maisons de quartiers et qui permettent de toucher tous les publics (cf. Angers ; Auxerre « Les lézards des Arts » ; Melle ; Menton autour de Jean Cocteau …)

Dans les années 1990, de nombreux enseignants étaient détachés ou mis à disposition des services éducatifs des VPAH participant à la création des outils pédagogiques. Cette démarche serait à réexaminer pour accompagner les collectivités.

→ Des formations Les services éducatifs des villes organisent également des journées de formations et des temps d’information pour les enseignants (cf. Briançon, Lille, Provence Verte, …) en relation avec les programmes autour du patrimoine. Afin de conforter ces échanges, l’ANVPAH & VSSP, qui organise de multiples temps de formation tout au long de l’année où se rencontrent élus et techniciens des villes et ministères, peut coordonner des formations et des temps d’échanges sur la pédagogie du patrimoine.

Le numérique :

Les services éducatifs s’appuient aussi aujourd’hui sur des reconstitutions virtuelles qui rendent perceptible ce qui a disparu, ce qui a changé.

L’étude du patrimoine, de l’architecture et de l’environnement doit être parfaitement intégrée dans la refonte d’une politique d’éducation artistique et culturelle, comme un axe essentiel favorisant l’apprentissage des savoirs fondamentaux et ouvrant à la citoyenneté. Cette approche inclut la participation d’intervenants extérieurs, tels les personnels qualifiés des VPAH qui interviennent au niveau territorial.

Il est nécessaire de renforcer l’approche patrimoniale au niveau des territoires, notamment par un partenariat avec les Villes et territoires, qui sont de véritables partenaires de l’Education nationale en incluant des possibilités de financements pour que tous les établissements scolaires puissent avoir accès à cette ouverture sur leur environnement dans le cadre de programmes appropriés.

L’ANVPAH & VSSP et son réseau de collectivités doivent être positionnés comme un partenaire structurant permettant d’accompagner au niveau national et territorial l’action éducative et artistique en temps et hors temps scolaire.

Jean-Marie COMPTE, adjoint au maire de Poitiers & Marylise ORTIZ, directrice de l’ANVPAH & VSSP
Le 11 décembre 2012

 

Haut de la page