
Les secteurs sauvegardés ont 50 ans. Cet anniversaire est essentiel, non pas tant pour célébrer le patrimoine, que pour dire l’importance de l’outil pour notre habitat et pour réaffirmer le duo politique, Etat – collectivité, qui le font vivre.
Depuis leur création en 1962, les secteurs sauvegardés ont évolué et intègrent pleinement les dynamiques urbaines des centres-villes. À la première phase de créations, essentiellement portées par l’État, ont succédé des secteurs sauvegardés de plus en plus appropriés par les collectivités locales. L’affirmation des collectivités dans la politique patrimoniale et leur association avec les services de l’État font du secteur sauvegardé un puissant outil opérationnel qui a su s’adapter aux évolutions urbaines. La procédure s’est simplifiée et assouplie en 2005, intégrant plus encore les collectivités territoriales dans la gestion de leur patrimoine urbain.
Le secteur sauvegardé est au centre des enjeux pour nos cadres de vie. Il est le seul document d’urbanisme d’une grande qualité appuyée sur une connaissance historique, architecturale et urbaine solide, proposant des solutions opérationnelles, mettant en jeu l’évolution de la ville au regard de son habitat, de ses dynamiques économiques, de son environnement, le seul document d’urbanisme construit sur des débats entre tous les acteurs, au premier rang desquels les habitants. Il nous interroge sur notre capacité à « faire la ville », à trouver des équilibres entre public et privé, entre rythmes d’habitants et d’usagers, à lire et poursuivre l’écriture de la ville. C’est dans la compréhension de leur évolution et l’appréhension de leurs différents éléments constitutifs que se joue le devenir de nos villes. Il ne peut être un outil qui fige. Il porte cette capacité de questionner la ville existante, il est un levier pour nos villes, qui doivent résoudre quatre défis pour offrir un habitat de qualité, attractif, confortable à tous :
Cet anniversaire est l’occasion de poser l’une des premières pierres du projet de loi annoncé par Aurélie Filippetti. Relayant la richesse de ces 50 années d’expérimentation, de travail, de débats, de chantiers, de politique partagée pour nourrir nos conceptions de la ville, du cadre de vie, cette commémoration ouvre l’ambition de politiques patrimoniales stables, innovantes et dynamiques capables de concilier protection du patrimoine, citoyenneté, évolution des fonctions et mutation des usages, à une échelle urbaine élargie.